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Sobre la violència

Hannah Arendt. Sobre la violència. Barcelona: ICIP - Angle Editorial, 2011.

Hannah Arendt est certainement l'un des esprits les plus lucides et influents de la pensée politique du XXe siècle, et l'un de ses auteurs les plus prolifiques. Cet essai, qui offre une perspective historique, s'inscrit dans l'arrière-plan politique de Mai 68 et de la Guerre froide. Nous y retrouvons l'héritage des guerres et des révolutions de la première moitié du siècle dernier. Arendt réfléchit ici sur la violence dans un contexte particulièrement agité, en prenant pour principal élément d'analyse les mouvements sociaux de non-violence et en faveur des droits civiques, contemporains de la rédaction de cet essai.

L'auteure aborde des concepts théoriques essentiels, plutôt originaux dans la pensée politique des années 1970. « Je crois que le fait que notre terminologie n'établisse pas de distinction entre des termes aussi importants que pouvoir, force, puissance, autorité et, enfin, violence, est un triste reflet de la situation actuelle des sciences politiques ». Tous ces mots évoquent des moyens de domination entre les hommes. Annah Arendt explique avec subtilité ce qui différencie ces concepts et conclut que la violence se caractérise par ses propriétés instrumentales. Elle évoque également le traitement de l'action politique, manifestation consubstantielle à la condition humaine. Le réseau de relations humaines requiert un contexte pluriel pour transcender et acquérir une substantialité théorique.

Malgré ses sympathies pour le mouvement non violent, Hannah Arendt reconnaît la rationalité et le contenu émotionnel de l'usage de la violence comme instrumentalisation pour atteindre des objectifs, souvent en faveur de la modération et de la justice. L'auteur nie toutefois que la violence ait en soi la capacité de créer du pouvoir et de fonder une quelconque liberté politique.

[Référence de l'édition en français: Du mensonge à la violence. Essais de politique contemporaine, traduction française G. Durand, Calmann-Lévy, 1972 – Pocket, 1989]

M. L. A.